L'impro au Québec

 

Il est connu que l’improvisation, avec les assises que nous pratiquons aujourd’hui est originaire du Québec. C’est à la suite de plusieurs expérimentations dans le domaine du théâtre expérimental, ainsi que de plusieurs discussions dans un restaurant du vieux port de Montréal (le resto La Charade, qui donnera plus tard son nom au trophée de la LNI), que Robert Gravel et Yvon Leduc finirent par trouver un équilibre dans le jeu d’improvisation qu’ils voulaient créer.

 

À l’automne 1977 donc, Robert Gravel imagina un jeu se basant sur les règles du sport national, le hockey, où l’on verrait s’affronter deux équipes d’improvisateurs. Cette idée aurait pu ne jamais prendre forme, si ce n’avait été de Mr. Leduc, qui poussa Robert Gravel à donner une forme à son idée. C’est ainsi qu’après avoir convaincu une douzaine de comédiens, Gravel organisa le tout premier match d’improvisation de la LNI le 21 octobre 1977, à la maison de Beaujeu. L’expérience, qui devait durer que quatre matchs…existe encore aujourd’hui!

 

Plusieurs acteurs ont contribué dans les premières années à faire évoluer le jeu, des ajustements étant à faire. Qu’on pense à Anne-Marie Laprade, Pierre Martineau, Yvan Ponton, plusieurs ont participé à l’élaboration des règles, de la structure interne, de la mise en place du jeu ainsi que de la création de la toute première ligue d’improvisation, La LNI.

 

Cette LNI, qui a vu le début de son existence à la maison de Beaujeu, se déplacera à l’Atelier Continu, à la salle Alfred Laliberté de l’UCQAM (Université de Montréal) au Spectrum puis au Medley.

Aujourd’hui, suite à la fermeture du Medley, c’est au Club Soda que la LNI présente ses matchs.

 

Le phénomène improvisation eut un tel impact que les médias ne furent pas long avant de s’y intéresser. Ainsi des matchs sont retransmis par Radio-Canada dès 1982. L’improvisation s’est vue exportée dans la plupart des pays francophones (dès 1981 en France). Ainsi, une multitude de ligue d’improvisation ont vu le jour, non seulement au Québec mais en Europe. Des ligues amateurs sont apparues un peu partout, infiltrant les milieux universitaires et collégiens, même les municipalités et les écoles secondaires, donnant lieu à des tournois, des formations, etc. La LNI, soucieuse de participer à l’éducation culturelle et à l’initiation aux arts de la scène, participe encore à plusieurs événements partout en province.

Aujourd’hui, la LNI a 33 ans, son propre Temple de la Renommée, ses Duels (la première édition ayant eu lieu lors du trentième anniversaire se présentait comme un tournoi des étoiles de la LNI), a à son actif son premier Sommet des ligues d’improvisation, ses États Généraux…donc elle est devenue une institution culturelle québécoise. Plus de 350 personnes ont fait partie de ses rangs…et il y en aura encore beaucoup!

    En quelques points...

  • Avant de trouver la formule gagnante, Robert Gravel et Yvon Leduc ont expérimenté beaucoup. Ainsi, il y a eu les 24 heures d’improvisation à deux comédiens, puis le Zoo (mélange du théâtre avec les arts visuels), et un principe de jeu se basant sur les règles…du Monopoly!
  • La formule des matchs d’improvisation a tenté d’être copiée en danse, musique, peinture…toujours avec un succès mitigé.
  • La première coupe du monde a eu lieu en 1985.
  • Robert Gravel a succombé à une crise cardiaque le 12 août 1996. Le numéro un ne sera plus jamais porté à la LNI. Quant à Yvon Leduc, il a dû se retirer de ses fonctions de directeur de la LNI suite à un accident vasculaire cérébral en 2007.
  • La LNI a eu plus d’une maison…c’est encourageant!
  • Janine Sutto, Normand Brathwaite, Robert Lepage, Patrice L’Écuyer, Vincent Bolduc, Réal Bossé, Martin Drainville, Gaston Lepage, Luc Senay, Denis Bouchard, Francine Grimaldi, Sébastien Dhavernas, Marcel Leboeuf, Jacques L’Heureux, Michel Rivard, Paul Piché, Francine Ruel, Marcel Sabourin, Tammy Verge, François-Étienne Paré, Louis Courchesne, Sophie Caron, François Bernier, Patrick Drolet, Laurent Paquin…en avez-vous besoin de plus??
  • France, Suisse, Belgique, Luxembourg, Roumanie, Haïti, Maroc, Bénin, Burkina Faso, Congo, 35 pays, sept langues…en avez-vous besoin de plus?

 

L'impro à Joliette

 

Petit historique de la LIA

par Stéphanie Veillet

 

Et naquit tout doucement…


Officiellement, la LIA est née en 2000. Elle est, en quelque sorte la suite logique de la CIA, qui avait déménagé à Montréal peu de temps auparavant. Yanick Masse, alors propriétaire du bar L’Artishow, qui avait pignon sur rue sur Saint-Viateur (emplacement du Bavarois aujourd’hui) cherche à reformer une ligue. C’est ainsi que les dimanches soirs dès 21h30, une dizaine de joueurs et un arbitre participent à l’élaboration du spectacle. C’est un succès quasi instantané, attirant rapidement quelque dizaines de spectateurs.

 

Au départ, les joutes se faisaient sans infrastructures habituellement nécessaires à un tel spectacle; bandes, bancs, tableau, éclairages adéquats… De plus, la ligue ne comportait pas de structures organisationnelles en tant que telle. C’est l’implication de monsieur Michel Dufour en tant que coordonateur qui permettra une construction progressive autour du jeu d’improvisation.

 

Souvenir d’un début


Déjà, les noms de Geneviève Lepage, Ian Morin et Gino Latendresse sont du spectacle. On peut aussi nommer plusieurs joueurs qui ont fait un passage, tels les Annie Poissant, Christine Comeau, Alexandre Faust, Denis Lajeunesse, Yanick Boivin, Yan Perreau, Yanick Charland, Mathieu Houle et tant d’autres.

 

Il semblerait qu’en première saison, il y avait trois équipes, soit le Brouhaha, les Bandits (de Berthier) et le Ballroom Pizza. Mais bon, il y aurait eu tant de changements qu’il est ardu de vérifier la totale véracité de ces éléments. Quant à la saison 2001-2002, elle démontrera déjà une meilleure organisation. C’est en 2001 par exemple que naîtra la toute première Coupe D’Idée, nom attribué au trophée de l’équipe gagnante annuelle. Il fût remporté en tout premier par les Élus de Katmandou, (Dannick St-Aubin, Benoit Marion, Éric Lafortune, Martin Jubinville, Cédric Champagne). Les autres équipes étaient respectivement Les Zoufs (dont Valérie Laforest et Vincent Lavallée-Lafrenière), les Bandits (dont Christian Kopajko et Pierre-Luc Lebeau), le Brouhaha (dont Martin Granger, Andréanne Payette et Geneviève Lepage) et le Wet Dream Team (Yanick Charland, Dominic Thériault, Mathieu Houle, Pico), dont la réputation persiste encore en 2011.

 

Implantation d’assisses solides…et de plaisir intense!


En 2002-2003, on assiste à la domination du Wet Dream Team (seule équipe qui gardera son nom en cette saison) et qui réorganisera la Coupe d’Idée en y ajoutant des dits « détails », comme le fameux corps de poupée. Cette saison fut marquée par un changement de propriétaire, le bar passant aux mains de Raymond (propriétaire du populaire Saint-Bernard). L’Artishow devient L’Art et Show. Ouf! On a une saison malgré tout.

 

Bien que des joueurs ont tendance à se greffer à une équipe le soir même d’un match, on peut voir s’installer une certaine stabilité dans les noms en place; ainsi on retrouve les Latendresse et Morin en tant qu’arbitres, les Thériault, Houle, Lepage et Lavallée-Lafrenière dans les joueurs, auxquels s’ajoutent nombre de patronyme qui marquerons la LIA future; Lambert, Payette, Trudel. Soucy, Saint-Yves…

 

La LIA garde de plus en plus ses membres et attire l’attention. C’est ainsi qu’en 2003-2004, les Janie-Claude St-Yves, Régis Soucy, Steve Guibault et Marc-André Genest font leur apparition officielle. 2003-2004, c’est aussi la saison de l’apparition de la puissante FBI qui malgré vents et tempêtes, malgré Latendresse (arb.), Houle (arb.), remporte la coupe d’Idée. Par contre, il manque encore de constance au sein du groupe LIA et ce malgré l’implication de Stéphanie Pelland et Mike Dufour, ce dernier menaçant de partir à moins d’aide.

 

2004, une année de grande évolution


La saison 2004-2005 est sans contredit une année de grands changements pour la LIA. Non seulement le bar vit un second changement de propriétaire (l’associaiton étudiante du cégep prend possession des lieux et Vincent Lavallée-Lafrenière devient le gérant) mais la LIA se dotera de son tout premier comité, toujours coordonné par Mike. Le staff devient donc un groupe officiel important, où l’on peut retrouver l’implication de Catherine Côté, Stéphanie Veillet, Mylène Plouffe, Stéphanie Pelland et plusieurs joueurs. Le comité permettra de comptabiliser les règlements de la ligue, de faire une suivi plus serré des règles de jeu, d’obtempérer à des changements dans les catégories, de déléguer des jobs (info-impros) etc. On pourra aussi pour la toute première fois à la LIA assister au retrait d’un chandail (Charland) et à des tentatives de changements avec la patinoire, dont les bandes rapetissent et se placent maintenant plein centre de l’endroit.

 

Les structures se complexifient (gala, match des étoiles, soirées spéciales) et il n’est pas rare de retrouver plus de 100 personnes sur place, s’entassant dans les vitres, la porte, les escaliers et même derrière le bar. Cette affluence, fut-elle aidée par la grève du hockey?!?, fera de 2004-2005 une année charnière.

 

De 2005 à 2007, on déménage


Les années suivantes prouveront que la LIA a acquis une superbe réputation. Malgré plusieurs changements, non seulement le public demeure plus que jamais au rendez-vous mais la rumeur LIA se répand sur l’ensemble du Québec et dans les meilleures ligues.

 

2005 commencera sous le deuil. La LIA doit dire adieu à l’emplacement qui l’a vu naître pour découvrir de nouveaux milieux. Son choix s’arrêtera sur le Ice (ancien bar au-dessus du Sterling) pour une année de transition. Beaucoup plus grand que l’Art et Show (trop même), il n’est toutefois pas rare d’atteindre 130 membres du public. Changement de bar équivaut aussi à changement de nom. Cherchant un nom qui la représente bien et qui est démonstrative de ses membres, la Ligue d’Improvisation de l’Art et Show deviendra la Ligue d’Improvisation…À la Di Stasio… sans commentaires.

Bien que l’expérience du déménagement fut traumatisante pour certains, la LIA en profitera pour établir ses préférences et déterminer ce qu’elle désire comme lieu d’accueil. C’est pourquoi elle redéménage l’année suivant, préférant se joindre aux sains d’esprit qui se rejoignent à l’Azile (face au cégep).

Dans un monde de fous, les sains d’esprit vont voir la LIA à l’Azile.


Malgré le mouvement, la LIA accroit toujours son potentiel et fait honneur au jeu. Dans la région, elle participera à plusieurs événements (les Donneurs, les journées de la culture, la nuit des sans-abris, des événements caritatifs comme des voyages en Amérique du sud, Leucan, le cancer du sein…). Dans la province, elle participe à de nombreux tournois et matchs spéciaux (Improvinciale, tournoi de Jonquière, etc.)

La LIA se plaît tellement dans l’âtre de l’Azile qu’elle en profitera pour recevoir des équipes de l’extérieur comme la CIA, la LIM de Trois-Rivières, la LIQ, Gatineau, Paris, Marseille etc.). Les dimanches soirs 20h30 de l’Azile deviennent un must, les spéciaux sur la bière de fin de première période, un slogan (ou presque).

 

2006-2007, c’est aussi le début de l’ère de la JIF, qui remportera plusieurs Coupe d’idée. L’équipe de la JIF, qui à ce jour (2011) est l’équipe ayant le plus d’ancienneté sous le même nom, a accueilli en 2006 Gino Latendresse, ancien arbitre ainsi qu'un autre joueur qui fera beaucoup parler de lui et qui apportera ses connaissances à la LIA; Roberto Sierra. La saison se terminera toutefois par le départ du père spirituel, de la muse de la LIA, Mike Dufour, qui concèdera les rennes mais qui nous laissera une partie de son cœur. Valérie Laforest prendra sa place en tant que coordonatrice.

La LIA entre progressivement en adolescence.


2007-2008 se continuera sous le toit de la bienveillante Azile, Et jusqu’en 2010 ce sera le summum du bonheur pour les membres. Le bar est plein comme « dans le temps », le jeu est de haut niveau (la plupart du temps…ou dans tous les cas, souvent), les gens se déplacent de loin pour voir ou jouer dans la LIA. Ce sera l’instigation de nouveaux événements. La première édition du tournoi La Classique aura lieu en 2008, le premier Survivor, précédé d’une journée de formation ouverte à tous aussi en 2008, suivi de très près par les Duels, basés sur les Duels de la LNI.

Ce sera aussi l’occasion pour certains joueurs de sauter la clôture et de prendre possession du jeu. La curiosité l’emportant, certains tentent leur chance comme arbitre en chef… et réussissent. Chacun à leur manière, les Parent, Rialland, Lessard, Trudel et leurs substituts s’approprient et réinventent l’arbitrage.

En 2010, suite à la fermeture abrupte de l’Azile, la LIA se relocalise au Sterling Supperclub, un des bars les plus réputé de Joliette. Dans l’adversité, les membres de la LIA se tiendront les coudes du mieux qu’ils le peuvent, terminent la saison 2009-2010 en cours et repartent la 2010-2011 avec un nouveau concept de pré-saison, la Ligue des DG. Malheureusement, les préjugés étant parfois très forts à Joliette, une partie de notre public ne suivra pas ce déménagement. De nouveaux visages apparaîtrons par contre…

 

Les années passent, des joueurs partent, d’autres reviennent, mais l’essence de la LIA demeure. Son objectif premier demeure de donner un spectacle d’improvisation de qualité qui mettra un point final agréable à votre semaine!

À suivre en 2011!


C’est ainsi que nous en arrivons en 2011. En plein reconstruction de sens, la LIA nous affiche son début de saison cette année à 20h00 (rappelons-nous qu’en ses débuts, les matchs commençaient à 21h30), s’adaptant ainsi à sa clientèle et à ses membres. Le 23 septembre sera la journée de formation suivie du Survivor, événement toujours phénoménal et rempli de surprises.

Un nouvel arbitre, en la personne de Monsieur Mathieu Houle (joueurs des premières années) vous accueillera. Voyons voir quel sera le style de cet ancien Wet Dream Teamer avec un chandail rayé!

 

Cette année, quatre équipes vous entraîneront dans leur monde chaque semaine. Plusieurs changement sont eu lieu durant la saison de congé et donc pleins de surprises sont à prévoir.

 

 

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